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Le flux et le reflux

publié le 03/08/2016 à 11:13
Le flux et le reflux

J’aime l’été. C’est une saison où l’on a habituellement le privilège de laisser l’actualité de côté. Mais l’éviction du Pr. Joyeux de l’ordre des médecins ne manque pas de faire travailler nos méninges.


Comme la marée

Je vous tiens régulièrement au courant des différentes actualités qui concernent votre profession de thérapeute. La médecine alternative est un combat. Et dans ce genre de lutte de long terme, il y a des avancées et des reculades.

Vous l’avez remarqué : nos rapports avec la médecine allopathique s’améliorent. Principalement parce que les médecins, débordés par un système de santé public qui s’érode un peu plus chaque année, ne sont pas mécontents de voir que de nouveaux collègues prennent en charge les douleurs profondes, les plus psychologiques.

On peut même dire que l’on arrive peu à peu à une reconnaissance des uns par les autres, d’un partage du terrain pathologique national. Du moins c’est ce que l’on déduit de la présence croissante de la médecine naturelle dans les media grand public.

D’un côté les thérapeutes, qui soignent le corps sur le long terme, qui orientent leur patient vers le bien-être, vers l’équilibre de santé qui leur est propre.

De l’autre, la médecine allopathique, qui soigne les cas d’urgence et les douleurs les plus vives, les maladies les plus graves, qui sait aussi percer et découper les corps.

C’est à elle qu’incombe le devoir de faire respecter la santé publique. Et c’est bien là que cela pose problème.

Pas si joyeux

Le professeur Joyeux vient d’être radié de l’ordre des médecins. Cette institution n’a pas la réputation d’être tendre avec les siens, et en retour, nombre de praticiens m’ont confié se demander à quoi elle leur servait. Ils viennent de trouver une réponse : à chasser les vilains petits canards.

Pourtant, à son audition, les accusateurs de notre cher professeur ont relevé la pertinence de ses arguments : nous n’avons aucun besoin de l’aluminium comme adjuvant dans le vaccin tétravalent, qui est lui-même à remettre en question.

Car, comme nous l’apprennent d’autres journaux, ce vaccin pourrait être, dans certains cas exceptionnels, nocif pour la santé, en créant des cas de myofasciite à macrophages, une maladie très rare.

Le Pr Joyeux a remis en question le vaccin tétravalent et 10 millions de personnes l’ont appuyé en signant sa pétition. D’ailleurs, le conseil des médecins de l’Hérault va même faire appel pour qu’il soit réhabilité.

Mais l’Institution a estimé que critiquer publiquement la vaccination, revenait à la remettre en cause comme principe de santé publique. C’est la raison de l’éviction du professeur.

Il faut donc croire que la vaccination est un sujet sacré – c’est-à-dire tabou. La remettre en question un peu, ce serait la remettre en cause totalement.

On dirait un de ces procès en hérésie du moyen-âge. Mais un hérétique n’est pas celui qui renie l’orthodoxie, il est celui qui remet en question des points de doctrine. Une condamnation aussi radicale soulève donc des questions.

Car le Professeur Henri Joyeux ne remet pas en cause la vaccination comme fondamentale à la conservation de la santé publique. Il a été durement sanctionné parce qu’il pointe la vaccination contemporaine comme une industrie d’Etat à propos de laquelle les citoyens sont en devoir de s’interroger.

Et ça, l’Institution ne pouvait pas le laisser passer.

Démocratie sanitaire

A priori, chaque citoyen qui se cultive, qui a un point de vue construit concernant la santé publique, devrait pouvoir exercer son droit de cité.

Grosse erreur. Pour peser dans le débat, il faut des sous. Ceux des labos, qui font la différence, et dont le tintement n’échappe pas à nos politiciens. Vous l’aurez remarqué, derrière chaque actualité concernant les vaccins, il y a une histoire de gros sous.

Mais que les politiciens profitent de cet impératif pour enrichir les labos, cela les éclabousse en retour et nous pousse à nous interroger sur leur implication et leurs motivations, ainsi que sur le contenu des vaccins.

Autant dire que la promesse de Marisol Touraine d’un débat national sur l’obligation vaccinale, dont les dates restent floues, n’a encore convaincu personne.

Car si l’essor récent de la médecine naturelle a prouvé quelque chose, c’est que les Français sont enfin prêts à faire de la santé une préoccupation démocratique. Il serait temps que nos politiques l’entendent.


Gary Laski