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Sexothérapie : les vertus curatives de la parole

publié le 04/10/2016 à 16:34
Sexothérapie : les vertus curatives de la parole

Notre société contemporaine est marquée par l’obligation de la jouissance et la dégradation de notre intimité au rang de simple spectacle. La sexothérapie est là pour renouer le dialogue.


Du sexe, du sexe, du sexe

Une émission, sur radio médecine douce, où la philosophe et sexologue Thérèse Hargot présentait son ouvrage Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), a récemment attiré mon attention sur un phénomène de société qui nous intéresse tous : notre rapport à la sexualité.

Pendant l’été, on ne voit que des articles « sexo ». Rien ne fait mieux vendre que le sexe, après tout, et personne ne le sait mieux que les publicitaires. On peut même dire que cela fait plus de vingt ans que nous sommes en overdose.

À en croire les magazines, l’été est la saison de l’épanouissement. Les sujets les plus racoleurs s’affichent sur les kiosques, prétendant nous vendre un rapport décomplexé à notre corps. C’est la même rengaine depuis les années 1970, et elle devient de plus en plus mensongère depuis près d’un demi-siècle.

Le sexe industriel

Car le sexe est devenu une industrie : l’industrie de l’intime. Qui tend à nous déconsidérer en tant que sujets pensants, pour mieux faire de nos corps des objets.

Si la pornographie est devenue un modèle pour les adolescents, ce n’est pas étranger à l’assimilation du sexe à la seule performance et au rang d’argument publicitaire omniprésent.

Car il est bien simple de s’en prendre à la démocratisation de la pornographie, quand elle sert d’exutoire à une société de la frustration généralisée, où la tentation s’affiche partout. Exactement de la même façon qu’il est plus simple de blâmer la prostitution que de s’interroger sur ses causes.

La dictature du cool

Il est impossible de considérer nos sexes, et les pratiques qui vont avec, comme des instruments et des usages anodins.

Malheureusement, cela fait longtemps que notre intimité n’est plus qu’un domaine parmi d’autres où règne la dictature du « décomplexé », du « cool » dont nous parlait autrefois Baudrillard : arborer la décontraction du nanti est une obligation sociale.

Déjà, tout le monde n’est pas doué pour le sport, la conduite automobile, le bricolage ou les arts créatifs ; mais les magazines font comme si tout le monde devait être nécessairement doué pour le sexe !

Surtout, nos pratiques sexuelles reflètent nos sentiments, donc nos blessures sentimentales également. Elles demandent donc une précaution particulière.

Du sexe et de l’humanité

C’est là qu’intervient le sexothérapeute. À réintroduire de l’humain dans l’intime. De l’écoute, du dialogue. Dans un couple, on fait l’amour à deux : cette communion des corps est une communion des sentiments.

Mais dans une société où le sexe est complètement instrumentalisé, il nous échappe, il ne nous appartient plus, et il est parfois nécessaire de parler pour nous réapproprier cette partie de nous-mêmes. Les sexothérapeutes sont là pour ça.


Gary Laski

 


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