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La méthode Poyet : entre ostéopathie et énergétique chinoise

publié le 08/01/2015 à 16:30
La méthode Poyet : entre ostéopathie et énergétique chinoise

Inspiré par les fondateurs de l’ostéopathie, William Sutherland et Andrew Still, ouvert à l’énergétique chinoise et à une vision subtile du corps, Maurice Raymond Poyet a laissé son nom à une méthode dite de thérapie manuelle informationnelle ou « poyethérapie ». Une approche encore mal connue et toujours en évolution…


La médecine chinoise est de mieux en mieux intégrée, la pratique ostéopathique évolue, la physique quantique ouvre des perspectives nouvelles, et même les plus cartésiens admettent que le corps en souffrance parle souvent de nos affects, voire de notre être dans toutes ses dimensions. C’est dans ces champs de conscience que peut se comprendre la méthode Poyet, qui a pour indications la plupart des pathologies, à l’exception toutefois des cancers.

La méthode est encore mal connue. Maurice Raymond Poyet, son initiateur, a disparu en 1996. Si des querelles de chapelles – comme il en arrive trop souvent – sont parfois venues brouiller sa transmission, des praticiens de plus en plus nombreux se réclament de cette approche « aux confins de l’ostéopathie », comme l’évoque le site officiel fondé par la famille Poyet (fille et gendre), qui a créé le terme « poyethérapie ». Cette précision a son intérêt car si l’ostéopathie offre une palette de soin déjà large, la vision Poyet a développé quelques spécificités.

De l’axe craniosacré aux points fusibles

Tout d’abord quels sont les points communs avec l’ostéopathie ? Comme l’avaient démontré les fondateurs de l’ostéopathie, William Sutherland et Andrew Still, la méthode Poyet admet qu’un mouvement respiratoire primaire (MRP) anime le corps. C’est sur ce mouvement, très subtil et indépendant des battements cardiaques, que travaille le praticien formé au ressenti thérapeutique. Comme en ostéopathie, la technique manuelle privilégie l’axe craniosacré pour toute réharmonisation.

Cependant, Poyet n’a jamais oublié qu’un spécialiste en énergétique chinoise l’avait délivré de ses maux de dos lors de son service en Indochine. Formé d’abord à la kinésithérapie puis à l’ostéopathie, il cherchera vite à comprendre les interactions globales du corps. Il se plonge dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC), les méridiens, les chakras. Il commence ainsi à se familiariser avec la notion de « champ morphogénique ».

Le fruit de ces recherches aboutit à une approche originale, qui intègre le travail sur la structure du crâne et les corrections manuelles, faites essentiellement via des points au sacrum. Mais il complète aussi l’ostéopathie sur les corrélations de mobilité du squelette. Il introduit surtout la notion de « points fusibles à contrôler en priorité ». Ces points sont soit issus de l’acupuncture (comme le yin-tran ou troisième oeil), soit des points clés sur la colonne vertébrale.

Un travail énergétique global

Avec le temps, son travail s’affine. Sa méthode agit sur trois plans :

– un plan structurel, sur les restrictions de mobilité ;
– un plan énergétique relatif aux problèmes de motilité qui implique micro-mouvements spontanés et respiration ;
– un plan énergétique plus subtil concernant les mouvements en huit, dits « lemniscatoires », de l’énergie qui circule harmonieusement.

Trilogie souffle-esprit-âme de la pneuma des Grecs, qi ou feu du Ming-Men des Chinois, toutes ces références aux principes de vie fondamentale ne sont pas des notions étrangères à l’approche. Mais une certaine humilité doit encore prévaloir selon Pascal Lafond, gendre de Poyet : « Je travaille depuis plus de vingt ans. Poyet a consacré sa vie à la recherche. Nous avons d’énormes résultats. Mais nous soignons, nous ne guérissons pas. La guérison appartient au patient. »

Être traité façon Poyet

Une séance de la méthode Poyet suit quelques règles qui la distinguent des contrefaçons. Pascal Lafond, gendre de Maurice Poyet, les rappelle. La séance est plutôt longue (« elle doit durer au minimum trois quarts d’heure »). Elle doit comporter un travail énergétique (« la bioénergétique chinoise est très importante ») et un toucher « aussi léger que les ailes d’un papillon ». Elle n’inclut jamais l’usage d’aiguilles d’acupuncture ou autres techniques. Certains praticiens seraient tentés de prescrire de l’homéopathie. Même si Lafond admet que ce n’est pas contreindiqué, il rappelle que ce n’est ni le lieu ni le moment. Enfin, le patient doit faire confiance à son ressenti. Il doit percevoir les effets dès la première séance et ne pas aller au-delà de deux à quatre rendez-vous.


Christine Saramito

 


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