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Focusing : Un travail sur soi essentiel

publié le 12/02/2018 à 00:00
Focusing : Un travail sur soi essentiel

Le focusing est une méthode qui consiste à faire naître ces révélations sur nous-mêmes que nous attendons lorsque nous allons chez le psychologue ou le psychanalyste. Mais pour obtenir ce résultat simple, il faut apprendre à travailler l’écoute de soi. Tout un programme.


D’où vient le focusing ?

Focusing signifie convergence. Le mot focus est d’ailleurs revenu en français comme terme de photographie, où il signifie foyer optique.

Le focusing consiste donc à faire converger notre conscience vers un point que nous ne voulions ou ne pouvions pas regarder auparavant. Il s’agit donc simplement de porter notre attention vers la cause de nos problèmes existentiels.

C’est bien pour ça que nous allons parler chez les spécialistes de la psychè (psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes). Pour arriver à pointer ce qui fait que nous agissons ou réagissons toujours de la même manière, avec les torts et les souffrances que cela nous cause.

Eugène Gendlin : aller à l’essentiel

Au départ, il y a le travail d’Eugène Gendlin, psychologue et philosophe, et une question : par quel processus je prends conscience d’un élément important de ma vie ? C’est de cette question qu’est né le focusing.

Eugène Gendlin a été le disciple de Carl Rogers, un psychologue américain dont la méthode consistait à se centrer sur le patient, à faire preuve d’empathie et d’ouverture avec lui, de façon à ce qu’il s’ouvre, et donc se révèle.

Gendlin a repris la perspective humaniste de Rogers, et en philosophe, en a extrait l’essentiel : il y a un moment de révélation, dans la pratique psychologique, où le patient prend conscience de son problème. Il faut donc faire surgir ce moment.

Et si les émotions expliquaient tout ?

Mais pour Gendlin, cette démarche ne peut être purement psychologique. Si le patient est déconnecté de ses sensations physiques, il ne peut avoir accès à ses véritables émotions, et donc à leur cause, et à leur mécanisme.

Philosophiquement, cela signifie que les problèmes existentiels que nous rencontrons relèvent principalement de notre sensibilité. Notre intellect peut les exprimer et les résoudre, mais pas s’il s’en interdit l’accès.

D’où l’importance de la parole et du dialogue en philosophie, car c’est aussi une façon de dire ce que l’on ressent, de sortir de soi, de s’exprimer, et donc de retrouver accès à soi-même en s’écartant de la réflexion pure et solitaire.

Qu’est-ce qu’une séance de focusing ?

Durant une séance de focusing, le psychologue est d’abord pleinement à l’écoute de son patient, dans une attitude empathique. S’il se sent jugé, le patient utilisera des tours et des détours dans son expression. Il n’osera pas exprimer ce qu’il ressent et donc ne pourra identifier son problème.

Une fois le problème identifié, le praticien aide le patient à cerner ses sensations et ses émotions. Il s’agit d’abord moins de verbaliser que de cerner une impression, et la réaction qu’elle engendre.

C’est à partir de là que le patient peut travailler sur lui-même. Pourquoi serre-t-il le poing lorsqu’il pense à telle personne ? Que ressent-il à son égard ? Quels sont ses désirs une fois confronté à cette situation ?

Le focusing est une approche qui mêle donc philosophie et psychologie, mais qui consiste également à appréhender un ressenti. En ce sens, il consiste en un véritable travail sur soi, et une méthode riche d’enseignement, scientifique et personnel.


Gary Laski

 


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