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En finir avec la malbouffe ?

publié le 16/07/2018
En finir avec la malbouffe ?

La malbouffe devient un sujet sensible, de plus en plus épineux. Moins de 15 ans se sont écoulés depuis le brûlot documentaire de Morgan Spurlock, Super Size Me, où le journaliste regardait sa condition physique se dégrader à force de manger des hamburgers. Maintenant, l’industrie agroalimentaire se retrouve à rendre des comptes, devant l’Etat.


Malbouffe : l’heure du jugement ?

Cela n’a pas fait beaucoup de bruit dans les médias. Mais le 7 juin dernier, alors que la France s’était déjà mise à profiter du beau temps, 4 représentants des industries agroalimentaires se sont retrouvés interrogés à l’Assemblée Nationale pour leurs pratiques douteuses.

Jusqu’ici, le grand public a pu croire que l’Etat se plaçait systématiquement du côté des industriels de l’agriculture et de l’alimentation. Après tout, c’est eux qui lui rapportaient le plus… Le bio et les compléments alimentaires ne pèsent pas grand-chose, financièrement, face à leurs adversaires.

Pourtant, il faut croire que pour les magnats de l’agroalimentaire, le vent est en train de tourner. Pourquoi ? A cause du risque sanitaire que pose la nourriture transformée, souligné par le docteur Anthony Fardet dans son ouvrage Mangeons vrai : Halte aux aliments ultra transformés ! aux Editions Thierry Souccar.

L’industrie agroalimentaire rendra-t-elle des comptes ?

C’est maintenant un fait : la malbouffe nous rend malades.

Si nous vivons maintenant jusqu’à plus de 80 ans, nous vivons malades entre 15 et 20 ans, comme le révèle Anthony Fardet.

Cela pose donc un problème de santé publique, avec un impact direct sur les dépenses de sécurité sociale. Et ce qui inquiète particulièrement l’Etat, ce sont les produits dits ultra-transformés.

Il ne s’agit pas seulement des barres chocolatées ou des fast food. Mais aussi des céréales que nous faisons avaler à nos enfants. Elles sont comme du sucre pur, favorisant le diabète et l’obésité. Sans compter les plats préparés, ou l’alimentation « toute prête » à réchauffer au micro-ondes, saturée de sel et d’additifs.

La prise de conscience par nos autorités du problème de la malbouffe est donc de bon augure. Mais cela s’appliquera-t-il concrètement par des lois ?

Si le député Loïc Prud’homme a ouvertement assimilé les méthodes des lobbies agroalimentaires à celles de l’industrie du tabac – en ce qui concerne la manipulation des études – il n’est pas évident de faire chaque fois valoir le principe de précaution, ni de demander des études coûteuses pour chaque additif cancérigène.

Décider quoi tolérer et quoi interdire du point de vue de l’alimentation reste un enjeu de taille, et si la prise de conscience est réelle, les solutions légales sont encore loin d’être trouvées.


Camille Dubois