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La nutrithérapie : un programme global de santé

publié le 09/01/2015 à 11:01
La nutrithérapie : un programme global de santé

Née aux États-Unis, il y a quarante ans, la nutrithérapie vise à régler les désordres de notre biochimie intérieure aujourd’hui mise à mal par une alimentation de mauvaise qualité et par les pollutions de notre environnement. À partir de références scientifiques, elle utilise vitamines, minéraux, acides gras ou aminés, mais aussi des antioxydants et certains glucides ou lipides pour combler les carences mais aussi agir en profondeur dans les cellules.


Vous connaissez sans doute cette maxime : « Que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament ta nourriture. » Quelque 2 300 ans après Hippocrate, la nutrithérapie s’inspire de cette sagesse millénaire, en la modernisant. Du champ de la nutrition et de la diététique, cette médecine a tiré deux principes. D’une part, la qualité de l’alimentation intervient grandement dans la gestion de la santé et se révèle la meilleure prévention de la maladie. D’autre part, un traitement s’envisage à partir de substances naturelles extraites de ce que nous mangeons. Il est considéré comme valable s’il est aussi bien toléré par l’organisme que n’importe quel aliment de base.

Nutrithérapie ou médecine orthomoléculaire

La nutrithérapie est née il y a environ quarante ans aux États-Unis. Ses défenseurs – d’abord David Kritchevsky dès le milieu des années cinquante, puis Linus Pauling, les docteurs Catherine Kousmine et actuellement Jean-Paul Curtay, en France – utilisent aussi le terme de médecine orthomoléculaire. Le terme évoque l’art de soigner exclusivement avec des molécules « droites », car elles sont reconnues et adaptées à l’organisme. Ainsi, la nutrithérapie cherche à corriger les habitudes alimentaires en se rapprochant du régime de populations réputées pour leur longévité. De nombreuses études ont ainsi montré les vertus du menu crétois, puis méditerranéen et plus récemment d’Okinawa auquel s’est intéressé Jean-Paul Curtay. Sur le plan biochimique, on s’est en effet rendu compte que le régime crétois entraîne une augmentation du bon cholestérol, mais aussi une diminution du mauvais, le LDL-cholestérol, et de sa toxicité.

Ensuite, la nutrithérapie vise une supplémentation adaptée. Le nutrithérapeute recourt donc fréquemment aux compléments alimentaires. Certains sont des micronutriments seuls (vitamine C, vitamine E, zinc, coenzyme Q10, carnitine), d’autres sont des complexes de micronutriments (formules antistress…) ; d’autres intègrent des extraits de plantes (brocoli, kudzu) ou sont des produits de phytothérapie (aloé vera, bergamote, Boswellia serrata, canneberge), d’algothérapie (spiruline, chlorella, klamath, Laminaria japonica), de mycothérapie (Ganoderma lucidum, Grifola frondosa), sans oublier les composants utilisés par les médecines traditionnelles (melon amer, hibiscus, pao pereira). En d’autres termes, elle n’utilise que les nutriments dont nous avons besoin quotidiennement, aussi bien les macronutriments (glucides, lipides, protides) que les micronutriments (vitamines, minéraux et autres éléments essentiels comme certains acides gras, certains acides aminés et nombre d’antioxydants).

De plus, elle vise la meilleure supplémentation possible. Ainsi, pour les personnes fortement carencées en magnésium, elle préconise la forme de pidolate ou glycérophosphate de magnésium, et son association à deux fixateurs, la vitamine B6 et la taurine. Le minéral pénètre ainsi mieux dans les cellules. À chaque fois, ses recommandations sont basées sur les résultats d’un nombre suffisant d’études scientifiques provenant de différents centres de recherche, et non pas sur une ou deux études ou sur une série de résultats produits par la même équipe. Les données de la nutrithérapie sont donc tempérées, elles ne visent pas à devenir une panacée.

À l’égal des traitements allopathiques

Pour toutes ces raisons, le nutrithérapeute n’a recours qu’en dernière intention aux médicaments de synthèse. En effet, du fait d’une structure différente des molécules naturelles, ces derniers se comportent vis-à-vis de notre physiologie comme des pièces de Lego déformées par la chaleur : certes, elles parviennent à s’emboîter là où elles sont attendues, mais elles ne le font qu’imparfaitement, de sorte que tout l’édifice s’en retrouve plus ou moins perturbé. La nutrithérapie peut alors intervenir sur trois points :

  • Rééquilibrage et complémentation de l’alimentation, car aujourd’hui en Occident, et pour de multiples raisons, ce que nous mangeons quotidiennement ne suffit pas à satisfaire les apports quotidiens recommandés. C’est donc une complémentation d’entretien.
  • Supplémentation à des doses plus élevées lorsqu’existe un terrain susceptible de faire le lit de la maladie : surpoids bien toléré, maigreur par exemple. Cette supplémentation est donc préventive.
  • Supplémentation à des doses encore plus élevées lorsque la maladie est là. Donc thérapeutique à l’égal des traitements allopathiques.

Médecine nutritionnelle et environnementale

Mais si la nutrithérapie intervient d’abord dans le champ de la nutrition et de la diététique,elle n’est pas seulement la médecine des suppléments alimentaires.

L’influence du contexte de vie est rapidement apparue comme déterminante dans la genèse des désordres de notre alchimie intérieure. Aujourd’hui, quel que soit notre mode de vie, nous sommes tous plus ou moins soumis à certaines formes de pollution :

  • Les polluants de l’alimentation : non seulement les traces de métaux toxiques, de substances chimiques multiples (pesticides, phtalates, bisphénol A, etc.), mais aussi de molécules alimentaires perverties par les modes de préparation qu’utilise l’industrie agroalimentaire telle que l’upérisation (au premier rang desquelles, les acides gras trans, toxiques pour le cerveau, notamment celui des nouveau-nés).
  • Les polluants de l’eau de boisson : combien de produits toxiques sont-ils trouvés sous forme de traces dans l’eau du robinet dont nul aujourd’hui ne peut prédire l’effet sur la santé à long terme ? Et parmi eux, combien de résidus médicamenteux ?
  • Les polluants des lieux de vie : à la maison (les produits volatils des matériaux modernes), pendant les transports (les nanoparticules rejetées dans l’air par les véhicules et les installations de chauffage en activité), à l’école, au travail (non seulement dans l’industrie, dans l’artisanat, mais aussi au bureau), etc.
  • Les polluants liés à certaines habitudes de vie (porter un vêtement immédiatement après l’avoir retiré de chez le teinturier, changer de voiture tous les six mois).
  • Les médicaments, dont un grand nombre carencent l’organisme en tel ou tel micronutriment : la pilule contraceptive, par exemple, accélère le métabolisme du tryptophane, ce qui provoque du point de vue nutritionnel une carence en vitamine B6 puis en magnésium et, au niveau clinique, une irritabilité, voire une dépression anxieuse, par manque de sérotonine.
  • Enfin, le stress de la vie moderne par les cadences et autres contraintes qu’il impose à chacun. Là aussi, magnésium et vitamine B6 sont parmi les premiers éléments à venir nous manquer.

Diminuer les sources de pollution

Toutes ces pollutions forcent notre organisme à consommer une grande quantité de micronutriments. En l’absence de toute régulation et de toute correction des déficits, il est amené à s’épuiser et à vieillir prématurément… Comme une automobile dont le propriétaire oublierait de vérifier les niveaux. Ce constat implique des attitudes thérapeutiques autres que strictement alimentaires. Ce sont par exemple :

  • La recherche d’une alimentation peu toxique : denrées issues de l’agriculture biologique ou cultivées à proximité, en plein champ dans le respect des saisons.
  • Une certaine façon de se nourrir : « sacralisation » des repas, hygiène de mastication, cuisson à faible température (pas plus de 100 °C) à la vapeur ou en pratiquant le principe du court-bouillon éteint.
  • La recherche d’un lieu d’habitation le plus éloigné possible de toute grande source de pollution.
  • L’abandon de certaines habitudes toxiques ainsi que des intoxications volontaires (tabac, alcool, anxiolytiques).
  • L’apprentissage d’une technique de gestion du stress.
  • Et sur cette voie du changement, le recours éventuel à un soutien psychologique de courte ou moyenne durée.

Répondre à l’ensemble de ces préoccupations dépasse donc largement le cadre de la nutrition et fait appel à bien d’autres sources de santé. C’est pourquoi la nutrithérapie se combine souvent avec la méditation, le taï-chi, des promenades dans la nature, des pratiques ludiques, une expression artistique sous quelque forme que ce soit, bref autant de démarches nous menant sur le chemin du développement personnel mais que l’on empruntera en dehors de toute recherche de perfection. La nutrithérapie est donc bien un véritable programme global pour mieux vivre.

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Vittoria Siegel

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