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Epilepsie, la fin des crises est dans l’assiette ?

publié le 12/02/2019 - Rédigé par Lucile de La Reberdière
Epilepsie, la fin des crises est dans l’assiette ?

Deuxième pathologie neurologique après la maladie d’Alzheimer, l’épilepsie est aussi difficile à expliquer que ses symptômes sont impressionnants. Convulsions, absences, rigidité musculaire mais aussi troubles de l’humeur, de la cognition ou du sommeil… si la recherche médicale fait beaucoup pour réduire les effets secondaires des traitements médicamenteux, des solutions alternatives aident aussi à diminuer les crises.


Il n’y a pas une mais des épilepsies. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) estime à une cinquantaine le nombre de maladies (ou syndromes) épileptiques. « Toutes ont en commun une excitation synchronisée et anormale d’un groupe de neurones plus ou moins étendu du cortex cérébral ». En France, 600 000 personnes sont concernées, dont la moitié a moins de 20 ans. Les anticonvulsifs permettent de réduire ou supprimer la sévérité et la fréquence des crises mais ils ne sont pas sans risques au quotidien : somnolence, tremblements, dépression, prise ou perte de poids. En outre, 30% des patients n’y répondent pas, ou peu. Pour ceux-là et pour tous les autres, l’alimentation et la complémentation peuvent jouer un rôle.

La diète cétogène pour le cerveau

Ce régime est basé sur une très faible teneur en glucides et un apport massif de lipides. Le foie puise alors son énergie dans les graisses et non les sucres, entrainant la formation de corps cétoniques. Ces derniers, observés aussi en cas de jeûne, constituent un carburant énergétique bénéfique au cerveau. En 2014, les résultats d’une synthèse d’études des chercheurs de l’American Academy of Neurology ont démontré que 32% des personnes sous diète cétogène constataient une réduction de leurs crises d’au moins 50% et 9% des cobayes voyaient leur fréquence réduire de 90%. Connus depuis près d’un siècle, les bienfaits de la diète cétogène la rendent aussi de plus en plus intéressante face aux maladies neuro-dégénératives.

Des compléments alimentaires qui peuvent aider

Les patients épileptiques sous traitement manquent souvent de certains micronutriments essentiels, comme la vitamine D. Des études commencent à montrer l’efficacité d’une complémentation en vitamine D dans la fréquence des crises et des troubles associés grâce à son effet anticonvulsivant. Elle est facile à trouver dans l’huile de foie de morue, le saumon, le thon et les harengs. Poissons gras encore : une étude a montré les effets positifs d’une supplémentation en oméga 3 sur la fréquence des crises et l’amélioration de la qualité de vie des patients épileptiques. Dans l’assiette, ils se consommeront aussi sous forme d’huile de lin, de noix, de colza.

 

Références
Diète cétogène chez l’adulte épileptique
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25355830

Vitamine D
http://www.fondation-epilepsie.fr/effet-de-compensation-deficit-vitamine-d-traitement-de-lepilepsie-pharmaco-resistante-epi-d/

Omega 3
https://jnnp.bmj.com/content/86/1/65

Pour en savoir plus
Inserm
https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/epilepsie

Alternative Santé
https://www.alternativesante.fr/epilepsie/epilepsie-l-apport-des-medecines-naturelles