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L'empreinte prénatale ou le jumeau perdu

publié le 29/01/2015 à 16:56
L'empreinte prénatale ou le jumeau perdu

Le docteur Claude Imbert, ancienne cancérologue, travaille sur l’empreinte que laisse la disparition d’un embryon jumeau durant la période de gestation et sur ses conséquences, aussi bien sur le comportement que sur la santé. Selon elle, nous sommes nombreux à souffrir de ce mal.


Nous reproduisons ci-dessous une interview que vient de faire paraître le magazine Alternative Santé sur ce sujet

Alternative Santé Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à l’importance des pertes gémellaires ?

Claude Imbert C’est à la suite d’une expérience personnelle, à l’occasion d’une séance de sophrologie, que je me suis retrouvée à revivre mon expérience intra-utérine et je me suis rendu compte que les impressions ressenties alors avaient conditionné pour une part mes propres peurs, ma culpabilité ou mes projections irrationnelles de la vie. Ça a été le point de départ de mon travail. Je me suis formée dans cette discipline et peu à peu j’ai découvert que le phénomène naturel de la perte d’un embryon jumeau au cours des premiers temps de la grossesse touchait en fait beaucoup plus de personnes qu’on ne le croyait. Les études estiment ce phénomène à 15 % des grossesses mais c’est un chiffre largement sous-estimé.

A.S. Comment se caractérisent ces jumeaux seuls ?

Claude Imbert Les jumeaux qui naissent seuls portent en eux le souvenir de la perte de leur jumeau. L’embryon qui a continué à se développer seul naît déjà porteur d’un deuil non fait avec toutes les conséquences psycho-émotionnelles ou de santé qui en découlent. Les jumeaux seuls sont souvent des gens nostalgiques, apathiques, solitaires, tristes, ils ont le sentiment diffus d’une incomplétude ou que quelqu’un leur manque alors même qu’ils peuvent avoir construit une vie de famille ou amicale.

A.S. Y a-t-il des signes qui pourraient indiquer que l’on a, peut-être, perdu un jumeau embryonnaire ?

Claude Imbert Leur comportement est parfois marqué par différentes manies, par exemple, ils achètent tout en double, comme si les achats n’étaient pas que pour eux. Les bijoux sont toujours en double : bagues, colliers, pendentifs. Les motifs des bijoux sont aussi marqués par le thème du double : deux pierres, deux métaux, deux figures. Ce sont aussi des gens qui, par exemple, ne supportent pas que les chaussettes rangées dans le tiroir soient dépareillées. Certains ne peuvent dormir que d’un seul côté, celui où se trouvait leur jumeau. Les doubles désunis rappellent la séparation. Les amitiés sont vécues de façon fusionnelle, la ou le meilleur ami est comme un frère/une sœur, celui ou celle qui manque tant.

A.S. Quels sont les symptômes physiques de ce manque ?

Claude Imbert Le portrait clinique est très large mais certains symptômes parlent plus que d’autres. Les sujets ont souvent une latéralisation des symptômes, jusqu’à l’hémiplégie. Les douleurs, les impacts de chocs, les accidents ; les opérations sont toujours du même côté du corps. Celui qui se trouvait en contact avec le jumeau. Il y a également souvent un trouble du schéma corporel, les personnes ont l’impression d’une incomplétude corporelle qui leur donne l’impression d’un déséquilibre interne ou d’une hypertrophie latéralisée associée à une hypotrophie de l’autre hémicorps.

A.S. Y a-t-il des pathologies qui les touchent plus fréquemment ?

Claude Imbert Les sujets atteints de céphalées sont très touchés par ce problème de « mi-graine ». Il y a aussi les troubles du comportement alimentaire. Bien souvent, les boulimiques ne s’aperçoivent pas qu’ils mangent en fait pour deux. Les anorexiques eux, vivent avec la culpabilité d’avoir survécu à leur double. En se privant de nourriture, ils se punissent pour une faute qu’ils n’ont pas commise. La liste des troubles associés est encore longue et va des troubles endocriniens aux maladies cardio-vasculaires, en passant par les dermatoses récidivantes.

A.S. Existe-t-il des solutions pour résoudre ce type de problème ?

Claude Imbert Depuis quinze ans, j’ai formé des centaines de thérapeutes en France, mais aussi en Suisse, en Belgique ou au Canada, qui sont capables, par une méthode de sophro-analyse, de guider les personnes jusque dans le souvenir de la vie intra-utérine et leur permettre de se libérer du deuil de leur jumeau disparu. La plupart des personnes, lorsqu’elles ont pu faire ce deuil qu’elles ignoraient jusqu’à présent, ont vu leur personnalité métamorphosée et les troubles de santé associés s’effacer. Il suffit parfois de deux ou trois séances pour obtenir un résultat, parfois spectaculaire.

Claude Imbert, docteur en médecine, ancienne interne et assistante des hôpitaux en hémato-cancérologie, est aujourd’hui écrivain, éditrice et conférencière. Elle a fondé l’Institut européen de sophro-analyse, où elle forme des professionnels en France et à l’étranger au décodage prénatal.Son ouvrage : « Un seul être vous manque. Auriez-vous eu un jumeau ? » est aux éditions Visualisation holistique, il peut-être acheté sur le site de Claude Imbert (www.claude-imbert.com)

 


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