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Fibromyalgie : les thérapeutes la comprennent mieux

publié le 10/02/2015 à 14:27
Fibromyalgie : les thérapeutes la comprennent mieux

La mise en évidence des altérations du fonctionnement cérébral qu’elle induit a donné à la fibromyalgie le statut de maladie authentique. Mais cette nouvelle approche reste toutefois confidentielle et mal connue des médecins. C’est pourquoi le chemin vers la guérison reste compliqué et nécessite un fort investissement de la part du patient.


La fibromyalgie doit être abordée comme un trouble complexe de la gestion de la douleur dont l’évaluation nécessite la compréhension du contexte familial et social.

L’objectif principal du traitement d’une fibromyalgie débutante est d’éviter le cercle vicieux qui conduit à une aggravation de la maladie et à des complications. C’est pourquoi il ne faut pas commencer par les traitements allopathiques puisqu’il a été démontré que les traitements antalgiques et antidépresseurs sont mis en échec dans 90 % des cas.

Dans ce cadre des thérapies cognitives et comportementales, relaxation, sophrologie, massages, pourront être proposées. Certains experts recommandent même ces thérapies en première intention car, selon certaines études, elles seraient plus efficaces que tout traitement médicamenteux.

Certaines pratiques thérapeutiques ont été éprouvées scientifiquement.

EMDR

L’EMDR (mouvement des yeux, désensibilisation et retraitement de l’information), si le patient relie sa maladie à un traumatisme précis.

Biofeedback

La fibromyalgie peut aussi être significativement améliorée par le biofeedback. Grâce à cette technique, le malade apprend à s’observer, à reconnaître les petits signes qui précèdent l’arrivée d’une crise et à la contrôler

Le traitement par résonance sonore

Selon les créateurs de cette technique découverte en 1992, la stimulation simultanée des systèmes auditif et somatosensoriel contacte directement les aires neurologiques où la mémoire d’une souffrance intense est inscrite. En donnant accès à des souvenirs anciens et marquants, elle libère le patient des tensions physiques et psychiques en lien direct avec le trauma à leur origine. La cure nécessite entre 16 et 20 séances de 45 minutes chacune.

Psy-coaching

Le patient apprend d’abord à identifier les éléments stressants de sa vie passée et actuelle puis à les gérer d’une façon nouvelle et efficace. Cette phase nécessite entre 25 et 30 heures d’entretien particulier réparties sur 2 à 6 semaines. Enfin, l’intégration : le patient continue à venir régulièrement en consultation pendant l’année suivante afin de conforter ses acquis.

Acupuncture

L’acupuncture est une intervention peu proposée et toujours en seconde intention. Elle a comme objectif déclaré un effet sur la diminution de la douleur. Elle est pratiquée soit pas des médecins ou des acupuncteurs.

Les études publiées sont anciennes et montrent des résultats contradictoires. L’acupuncture est complexe tant dans les différents types d’acupuncture, différents systèmes de choix des points de piqûre et la variabilité dans la technique d’insertion et de manipulation des  aiguilles.

Une évaluation technologique, publiée en 2003 par l’Agency for Healthcare Research and Quality Center for Practice and Technology Assessment (AHRQ) (129), a sélectionné une seule étude randomisée de bonne qualité méthodologique publiée en 1992 dans le BMJ. La technique utilisée est une électro-acupuncture comparée à une technique classique avec insertion manuelle d’aiguille. La douleur était significativement réduite chez les 70 patients du groupe intervention. Néanmoins, la durée du traitement n’était que de 3 semaines. Les auteurs concluent à l’impossibilité de se prononcer sur le statut de l’acupuncture en tant que traitement de premier recours dans le syndrome fibromyalgique ou comme traitement d’appoint en l’absence de mesure à long terme.

Cinq  études,  publiées  entre  2005  et  2006,  montrent  cependant  des  résultats  contradictoires (3 positives et 2 négatives). Parmi ces 5 études, deux sont de bonne qualité méthodologique et montrent une efficacité de l’acupuncture avec un suivi à 6 mois. Une méta-analyse, publiée en 2009 à partir de 7 essais contrôlés randomisés (4 américains et 3 européens), a inclus 385 patients (95 % de femmes d’âge moyen 47 ans) avec un temps moyen de traitement de 9 séances d’acupuncture. La durée de suivi était courte, à l’exception de deux études qui ont suivi les patients durant 26 semaines. La douleur était significativement diminuée après le traitement (p = 0,04), mais les effets à long terme ne sont pas conservés. La supériorité d’une technique par rapport à une autre n’a pu être mise en évidence, en raison des biais des études analysées. Les auteurs concluent que l’acupuncture ne doit pas être recommandée comme thérapie unique dans le traitement du syndrome fibromyalgique, et qu’à long terme,  on  n’en connait pas les bénéfices.

Massages

Les massages ont, selon la plupart des répondants qui les proposent en première intention, un objectif décontracturant et antalgique. Ils sont toujours réalisés par un kinésithérapeute. La fréquence déclarée des massages est variable : ils peuvent être quotidiens si le patient est pris en charge dans une structure de soins de SSR, un établissement de cure thermale ou de 1 à 3 fois par semaine quel que soit le lieu de prise en charge. La durée des massages varie de 5 à 30 minutes.

Hypnose

L’hypnose est peu proposée en première intention. Les objectifs de cette intervention sont un apprentissage de la gestion des contractures musculaires douloureuses, de la gestion des crises par le patent lui-même comme moyen autonome de contrôle de la douleur. D’autres répondants précisent que l’hypnose permet une action thérapeutique physique et psychique adaptée au patient lui permettant de retrouver un rôle actif dans la gestion du syndrome  fibromyalgique.

La fréquence des séances et leur durée sont très variables. Les intervenants sont principalement des médecins ; des infirmières, et des psychologues formés peuvent également intervenir.

L’intérêt de l’hypnose a été insuffisamment démontré. Les recommandations analysées dans la section 7 du rapport la proposent dans un troisième niveau de prise en charge avec d’autres alternatives au traitement de la douleur, comme une option possible, tout comme les techniques d’imagerie mentale (classées dans les interventions de psychothérapie), comme étant un moyen aidant pour diminuer la douleur.

D'autres thérapies peuvent, bien entendu, être employées et il sera souvent nécessaire de commencer par une consultation en naturopathie pour savoir vers quel type de thérapeute s'orienter.

Pour en savoir plus sur les causes de la Fibromyalgie lisez également cet article