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Quand la musique adoucit les moeurs, l’âme, la santé…

publié le 31/10/2016 à 00:00
Quand la musique adoucit les moeurs, l’âme, la santé…

Nous écoutons toutes sortes de musique pour nous détendre, rêver, méditer, mais aussi pour nous ouvrir au sacré et à d’autres dimensions ; elle peut aussi tout simplement être là pour combler un vide qui nous angoisse. Pourquoi la musique est bonne pour notre santé ? Que se passe-t-il dans notre cerveau et dans notre corps ? Comment peut-elle nous soigner ?


Chaque musique à des fréquences différentes et à chaque moment de notre vie, une en particulier entre en résonance avec notre être profond. Notre cerveau se synchronise, nos émotions ressurgissent, sollicitées différemment sur des plans et dimensions totalement distinctes mais tout aussi intenses, en fonction que l’on écoute du Bach, du Mozart, du Chopin, de la musique dodécaphonique, minimaliste et répétitive, de la pop, de la ranchera mexicaine, du son cubain ou de la morna capverdienne.

Connue depuis des millénaires

La musicothérapie en tant que profession et moyen efficace pour améliorer les capacités mentales et physiques d’une personne ne sera reconnue que vers les années 1960, d’abord au Canada et aux États-Unis, puis plus tardivement en France. Pourtant, le pouvoir curatif de la musique était déjà connu dans la Grèce antique. Elle était une discipline enseignée dans les écoles au même titre que les mathématiques ou la médecine. Il existait des musicothérapeutes qui se dédiaient au soin de l’humeur de leurs patients en utilisant différents instruments de musique telle la lyre, au son très doux et harmonieux. De même chez les Hébreux, on raconte que David (alors jeune berger) fut envoyé au roi Saül pour lui jouer de la cithare ou de la harpe lorsque son esprit était agité.

En milieux hospitaliers

Aujourd’hui, dans le milieu médical, les bienfaits de la musique commencent à être reconnus : des psychothérapeutes et des dentistes utilisent dans les salles d’attente ou les salles de soins une musique douce, en général classique, afin de détendre leurs patients. Dans certains hôpitaux, des médecins mettent de la musique pour soulager les maux de leurs patients afin qu’ils oublient un peu leur maladie en s’évadant dans un ailleurs plus optimiste et souriant. Il existe ainsi une association Musique et Santé qui œuvre depuis une quinzaine d’années pour la diffusion de musique vivante dans les milieux hospitaliers et dans les structures pour personnes handicapées.

Rites et cérémonies sacrées

Chez les Amérindiens, la musique a toujours été présente pour accompagner un rituel, une cérémonie religieuse ; elle repose sur des chants accompagnés d’instruments très divers : tambours, flûtes, hochets, raspa (lire l’encadré)… En Amazonie, lors d’un rituel de guérison avec des plantes de la forêt tropicale, les chamans Shipibos accompagnent la cure avec des ikaros, chants murmurés ou sifflés durant des heures, rythmés par une chakapa, sorte de hochet faits de feuilles. Ces chants sacrés sont là pour intensifier le processus de guérison.

Lors du rite curatif du peyotl, cactus psychotrope d’Amérique du Nord, les suku-ru-ames, ou guérisseurs Tarahumara, utilisent pour leur part une vieille râpe en bois qu’ils bercent au-dessus de la tête du malade. À la fête de Pâques, ces mêmes Indiens jouent du tambour jusqu’à l’épuisement pour appeler la pluie. Et dans les Pow-wows (rassemblements tribaux en Amérique du Nord), c’est par le battement des tambours que les Indiens font revivre pendant trois jours le monde des origines, retrouvant ainsi leurs racines.

Un rythme, deux continents

La musique n’a pas de frontière, elle voyage avec les hommes d’un continent à l’autre et devient mémoire vivante. C’est le cas des musiques afrocaribéennes, latines et africaines. Que ce soit la salsa, le songo, le son, la rumba, le mambo, toutes proviennent de la musique vaudou du Togo et du Bénin. Plus exactement, elles partagent la même clave (clé, en français), cellule rythmique qui, d’une côte à l’autre de l’océan, cristallise la résistance mémorielle de ces hommes venus d’Afrique et devenus esclaves, à l’image de cette main-d’œuvre d’Haïti.

À la tombée de la nuit, les Yorubas frappaient alors sur des instruments de musique improvisés comme le cajon (des cageots) et la raspa (une mâchoire d’animal) et dansaient sur ces rythmes effrénés en invoquant leurs divinités. Même chose pour la salsa, une musique métisse qui provient aussi de la musique d’esclaves africains venus travailler dans les plantations de canne à sucre de Cuba, et qui, de métissage en métissage, à remporter la notoriété que l’on connaît.


Martine Pédron

 

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Cet article est reproduit avec l'aimable autorisation du site alternativesante.fr

 


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