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Enfin un statut pour le métier d’herboriste ?

publié le 02/11/2018
Enfin un statut pour le métier d’herboriste ?

Le Sénat vient de rendre un rapport visant à encadrer la filière des plantes médicinales. Le but : mieux sécuriser consommateurs et producteurs. Un rebondissement encourageant dans l’histoire d’une pratique controversée, alors que les Français n’ont jamais été aussi nombreux à se soigner avec les plantes.


Le métier avait officiellement disparu depuis 1941, au moment de la suppression du certificat d’État d’herboristerie par le régime de Vichy au profit d’une organisation corporative de pharmaciens.

Depuis cette date, seules les officines sont habilitées à vendre des plantes médicinales, dont le commerce est illégal partout ailleurs. Cependant, sur les 562 plantes inscrites à la pharmacopée française, 148 sont en vente libre, comme le thym, le romarin ou la menthe, en raison de leur utilisation en cuisine.

La mission d’information du Sénat sur « le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales, une filière et des métiers d’avenir », lancée en avril 2018, a rendu son rapport en septembre. Il comprend 39 propositions, parmi lesquelles la possibilité d’étendre la liste des 148 plantes en accès libre à celles ne présentant pas de risque d’emploi pour soigner les « petits maux du quotidien ».

Des plantes achetées en dehors des pharmacies

De plus en plus de Français sont attirés par les plantes médicinales, qu’ils utilisent en infusions, tisanes, huiles essentielles ou compléments alimentaires. Ils se fournissent en majorité en magasins diététiques, sur Internet ou directement auprès de petits producteurs, parfois sans garantie sur la qualité des produits. Or, ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans danger.

Cinq écoles d’herboristerie en France délivrent un diplôme qui n’est, pour le moment, pas reconnu par l’État, mais dont les compétences pourraient répondre au besoin de sécurité des consommateurs, surtout quand on sait que 80 % des plantes achetées en France sont importées.

« Nous avons un territoire national qui permet la production de plantes de qualité. Et il y a aussi une vraie richesse en outre-mer », a déclaré la sénatrice LR de Charente-Maritime, Corine Imbert. Les plantes constituent donc, en outre, une perspective économique réelle sur un marché des pratiques alternatives en pleine expansion.

Un sujet toujours sensible

La mission sénatoriale entend poursuivre les réflexions sur les conditions d’exercice du métier d’herboriste, en concertation avec les pharmaciens. Ces derniers restent réticents quant à la création d’une profession intermédiaire qui ne serait « pas à même de protéger la santé publique en raison des actions complexes des plantes ».

Du côté des patients, en revanche, la demande est forte. Une pétition pour rétablir le métier d’herboriste, signée par de nombreuses organisations – dont la Fédération nationale d’agriculture biologique, la Fédération des paysans herboristes, l’école des Plantes de Paris ou Nature & Progrès, ainsi que par un petit nombre de médecins et pharmaciens –, a déjà recueilli près de 60 000 signatures.

https://www.mesopinions.com/petition/politique/rehabilitons-metiers-herboristerie/49691

http://www.senat.fr/notice-rapport/2017/r17-727-notice.html


Camille Dubois


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